
En tant que thérapeute, je suis très souvent sollicitée par des personnes qui se renseignent pour des personnes de leur entourage (bravo à vous pour cette démarche ).
Il est vrai que ce n’est pas une chose facile de voir une personne que l’on aime et apprécie souffrir. Parfois même, nous pouvons être amené à prendre nos distances car en plus du sentiment d’impuissance, nous nous sentons directement impacté par la souffrance de l’être aimé.
Dans mon expérience en tant que travailleur social, il m’est aussi fréquemment arrivé d’accompagner des personnes qui évoquait leurs difficultés et leurs souffrances sur le plan psychologique et social face a des événements ou des histoires de vie (deuil, rupture, échec professionnel, problème familial…) Très souvent, ces personnes étaient réticentes à l’idée solliciter l’aide d’un professionnel du champ de la santé mentale.
Plusieurs raisons peuvent expliquer cela:
⁃ Préjugés sur le psychologie de manière générale et notamment sur la folie
⁃ Freins liés à l’appartenance culturelle ou religieuse: dans de nombreuses communautés, face aux difficultés la patience et l’abnégation sont prônées (Valeurs religieuses/spirituelles ou héritage des psycho-traumatismes de l’esclavage et de la colonisation, sujet que je vais devoir traiter prochainement…)
⁃ Le sentiment qu’il n’y a rien à faire et que la situation est perdue d’avance ce qui d’ailleurs contribue à renforcer le problème
⁃ Ces personnes estiment avoir déjà l’écoute nécessaire avec des proches ou des personnes de leur environnement
Alors, comment faire pour les aider ?!
Dans cette entreprise minutieuse et complexe pour aider votre proche en détresse, vous devez d’abord commencer par faire preuve d’empathie en tenant compte de son identité.
Vous devez tenir compte de son âge, son origine culturelle, ses croyances religieuses, son statut social… Pour la simple et bonne raison qu’il est plus aisé d’avoir les codes culturels et sociaux des personnes avec lesquelles on souhaite créer ou renforcer une relation de confiance. Car ce n’est que sur les bases d’une relation saine et équilibrée qu’une personne en situation de vulnérabilité peut se sentir assez en sécurité pour prendre la main que vous lui tendez.
De plus, vous pourrez vous appuyer sur cette stratégie pour mieux comprendre ce que la personne vit en étant au plus près de sa réalité.
Cela vous aidera aussi à déconstruire ces aprioris pour se faire aider. Pour exemple:
– si dans son groupe social, aller en thérapie est associé à la faiblesse, vous pourrez l’aider à déconstruire cette idée tout en mettant en évidence ses forces, ses réussites, ses ressources personnelles…
– si dans son milieu culturel, cette démarche est associée à « la folie », vous pourrez vous appuyer sur les personnes issues du même milieu qui ont entamé une thérapie et qui ne correspondent en rien à cette image.
Maintenant, voici quelques conseils à appliquer :
1- Témoignez lui votre amour et votre soutien. N’hésitez pas à lui montrer (bien sûre si et seulement si vous le ressentez et vous y croyez) que quelque soit sa situation, ses souffrances et ses décisions, vous serez là.
2- Proposez-lui une écoute active, bienveillante et sans jugement
3- Faites du dévoilement de soi: parlez de vos vulnérabilités dans une moindre mesure, c’est lui montrer qu’il n’est pas seul à sa souffrir. Soyez tout de même vigilant à ne pas rentrer dans du comparatif.
4- Aidez-le à identifier ses freins pour demander de l’aide et proposer lui la vôtre de manière concrète: rechercher un professionnel adapté à sa situation, lui garder ses enfants, l’aider à refaire son CV, l’accompagner faire ses courses…
6- Faites-le « revivre »: faites en sortes de l’aider à revivre des moments simples qui lui procure du plaisir. L’idée est d’augmenter la sensation de bien-être par des gestes du quotidien, car c’est bon pour la santé mentale mais cela peut contribuer à envisager des solutions auxquelles il n’aurait pas pensé.
N’hésitez pas à vous rapprocher d’un professionnel pour prendre connaissance des situations d’urgences et des signes de gravité dans le cas de votre proche.
Mariam F.D.
Votre sociothérapeute

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