A l’occasion du Black History Month (mois consacré à l’histoire des afro-américains aux USA), je vous propose cet article dans lequel j’aborde la place de la santé mentale dans la communauté afrodescendante en France.

Dernièrement, j’évoquai la difficulté pour beaucoup de personnes à entamer une thérapie ou du moins à demander de l’aide.

En tant que femme noire et musulmane, j’ai été confrontée à cette difficulté dans le cadre professionnel, mais également personnellement après la perte d’un proche.

Parmi les freins à solliciter l’aide d’un professionnel, j’aimerais aujourd’hui attirer l’attention sur les suivants :

  • L’appartenance identitaire, ethnico-culturelle et son rapport à la psychologie
  • Les croyances erronées et les représentations sur la psychologie

Dans cet article, je vous partage une analyse concernant les communautés africaines mais elle peut très bien être représentatif pour beaucoup d’autres communautés.

Dans beaucoup de communautés africaines, la dimension culturelle et spirituelle est importante : elle structure la vie des individus qui les composent.

La psychologie occidentale est une science moderne et donc récente. Elle l’est relativement et davantage en Afrique où elle est enseignée à partir de 1960.

Aujourd’hui encore, en Afrique et dans sa diaspora, on parle davantage de croyances religieuses et ethniques que de maladies mentales, de djinn ou de possession que de schizophrénie, de sorcellerie (sort) face à la dépression ou la bipolarité…

Ceci étant, certains auteurs parlent d’une psychologie africaine puisant ses ressources dans l’Egypte ancienne «  En Afrique, la psychothérapie fut pratiquée par les Egyptiens bien avant la tradition grecque, romaine et hébraïque d’où dérive pour une grande part la psychologie moderne occidentale « Imhotep » ,conseiller, astrologue et médecin du roi Djoser (vers2686-2613av.J.-C.) qu’on a décrit comme «la première figure de médecin qui émerge des brumes de l’Antiquité» pratiquait la psychothérapie si habilement qu’il finit par être divinisée et qu’on bâtit en son honneur des temples à Memphis et dans l’île de Philae ».[1]

Dans cette optique la corrélation entre étude de l’âme (psychologie au sens étymologique) et culture, spiritualité (religieuses ou ancestrales) sont mises en évidence. Bien qu’elle soit complétement remise en question par de nombreux courants de la psychologie moderne, il me paraît indispensable au vu des représentations sur la psychologie de manière générale de démontrer que s’intéresser aux problèmes de santé mentale n’est absolument pas étranger à de nombreux peuples dans leur histoire. Ce sont davantage les méthodes et les outils qui le sont.

Et je suis intimement convaincue qu’il en est de même dans l’histoire pour beaucoup de communautés traditionnelles.

Prendre soin de soi n’est pas quelque chose de nouveau dans l’histoire de l’Afrique, c’est surtout quelque chose qui a été oublié au cours de notre histoire : oui le peuple africain dans son histoire moderne a, pendant tout un pan de l’histoire, été totalement dénué de son humanité. Il a été en mode survie et il continue à l’être en partie… La situation économique des pays africains et des personnes issues de ces pays (non indépendante de son histoire néocoloniale) mais également l’héritage systémique du racisme a maintenu une grande partie d’entre eux dans une précarité économique et sociale. La question du bien-être et de la santé psychologique a très naturellement été reléguée en arrière-plan, jusqu’à parfois s’effacer complétement.

Aujourd’hui, au vu des migrations, de la présence conséquente de personne d’origine Africaine en Occident et également au vu des nombreuses difficultés à permettre à ces personnes d’accéder à un soutien psychologique, des questions se posent.

A mon sens, il s’agit d’un point de vue communautaire de refaire du bien-être psychologique et sociale, une priorité. Encore faut-il pouvoir permettre à tout un chacun peu importe ses appartenances culturelles et identitaires d’avoir la certitude que celles-ci seront perçues et prise en compte dans toutes leurs plénitude sans pour autant que cela s’inscrivent dans un rapport de hiérarchisation…


[1] La psychologie en Afrique Noire Amewusïka Kwadzo Tay

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Votre thérapeute

Mariam est d’origine malienne et guinéenne. Issue des banlieues, elle a rapidement pris conscience des enjeux liés aux droits des femmes et aux personnes issues de l’immigration.

Forte d’une formation universitaire ainsi que diverses certifications en thérapie brève, Mariam a crée le cabinet Massalha car elle est profondément convaincue que chaque individu, quelle que soit l’origine sociale, ethnique, culturelle ou religieuse, doit avoir accès aux moyens d’épanouissement et de bien-être psychologique et social.

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